La prochaine mission vers Vénus sera peut-être privée

Soha Gafaar Samedi 26 Septembre 2020-16:26:57 Actualités Internationales
Schéma de Vénus, du système solaire, expliquant la découverte de phosphine dans l’atmosphère de cette planète
Schéma de Vénus, du système solaire, expliquant la découverte de phosphine dans l’atmosphère de cette planète

Une petite société de fusées devancera-t-elle la Nasa et l’Europe en allant explorer Vénus dans trois ans? C’est l’espoir de Peter Beck, patron de la petite société américaine Rocket Lab, qui veut lancer sa propre sonde low-cost en 2023.

“Une mission pour Vénus devrait coûter environ 30 millions de dollars”, assure Peter Beck à l’AFP depuis Auckland, en Nouvelle-Zélande, sur la côte de laquelle Rocket Lab a installé son pas de lancement, loin de tout et avec un accès au ciel dégagé de tout trafic aérien.

Vénus, infernale et toxique, a été largement délaissée depuis les années 1980 par les agences spatiales au profit des planètes plus distantes du système solaire dont Mars, où des dizaines de sondes et de robots ont été envoyés dans l’espoir d’y découvrir les premières traces de vie passée.

“Sur Vénus, on cherche des traces de vie actuelle”, corrige Peter Beck en insistant sur le mot “actuelle”.

La découverte surprise d’une molécule appelée phosphine dans les nuages de Vénus, grâce à des radiotélescopes sur Terre, a provoqué le 14 septembre une vague d’enthousiasme chez les astronomes et astrobiologistes qui défendent depuis des années l’hypothèse que des microbes vivent aujourd’hui dans les nuages de la planète. La phosphine n’est pas une preuve définitive, mais il est possible qu’elle trahisse la présence d’organismes vivants.

L’annonce a même poussé le chef de la Nasa à dire qu’il fallait redonner la priorité à Vénus.

Il se trouve que Peter Beck faisait partie du camp pro-Vénus, et réfléchissait depuis deux ans à la faisabilité de l’envoi d’une sonde, entièrement développée de façon privée, raconte-t-il.

Il a calculé, à l’aide d’un doctorant, que le petit satellite que Rocket Lab a développé en interne, Photon, pouvait être adapté pour un voyage interplanétaire -- jusqu’à présent le domaine réservé des agences spatiales, étant donné les coûts à huit ou neuf zéros.

“Quand on parle de missions interplanétaires en dizaines de millions de dollars au lieu de milliards, et en mois plutôt qu’en décennies, cela crée des opportunité de découvertes incroyables”, s’exclame Peter Beck.

 

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